TMS dans l’industrie de la culture : ces douleurs qui freinent le geste créateur

TMS dans l’industrie de la culture : ces douleurs qui freinent le geste créateur
mai 31, 2016 Yvon Robert

Souvent, lorsque je me trouve en proie au syndrome de la page blanche, je note que ce ne sont pas que les neurones qui paralysent – les nœuds se propagent des cervicales à la nuque, puis aux épaules, puis aux bras, puis aux doigts, comme si le blocage d’écriture s’illustrait dans l’ensemble de ma musculature. Un parfait exemple de somatisation, diront certains médecins. En fait, rien n’est moins certain.

On associe plus volontiers les professions artistiques à l’effort intellectuel qu’à l’endurance physique, que l’on attribue plutôt aux travailleurs manuels et aux athlètes. Pourtant, les troubles muscolosquelettiques (TMS) sont très fréquents chez les artistes, toutes disciplines confondues. Bien entendu, chez l’écrivain, ils relèvent avant tout d’une position statique prolongée, souvent accompagnée d’une mauvaise posture et d’un manque d’exercice. Par contre, en ce qui concerne les musiciens professionnels, il est reconnu que l’exigence physique requise pour jouer d’un instrument est comparable à celle d’un sportif de haut niveau. On évalue qu’environ 75 % des musiciens connaîtront un problème de santé lié à leur pratique instrumentale au cours de leur carrière. Maintenant, que dire des danseurs et des artistes du cirque !

Les TMS représentent donc un enjeu socioéconomique majeur pour l’industrie de la culture et du spectacle, puisque ces troubles douloureux nuisent grandement à la performance des artistes, qui doivent parfois prendre une pause, voire renoncer à leur carrière. Un coup dur pour ces professionnels dont le statut est souvent précaire.

<h3>Qu’est-ce qui rend les artistes si sensibles aux troubles musculosquettiques? </h3>

De manière générale, l’apparition des troubles muscolosquettiques liés au travail est le résultat de différentes contraintes sur les capacités physiques d’un individu. Les facteurs de risque peuvent être regroupés en quatre principaux groupes :

<strong>Les facteurs biomécaniques</strong>

Les facteurs biomécaniques incluent tout ce qui a trait aux gestes et aux postures. La pratique artistique comporte souvent plusieurs risques à ce niveau :
<ul><li>des activités qui sollicitent les articulations de manière extrême ou qui exigent l’adoption de postures contraignantes </li>
<li>des efforts excessifs </li>
<li>des gestes répétitifs </li>
<li>des positions maintenues sur une longue durée</li></ul>

<strong>Les facteurs organisationnels</strong>

Les facteurs organisationnels sont ceux qui relèvent de l’organisation du travail. Chez les artistes, ils peuvent inclurent :
<ul><li>des situations de stress </li>
<li>un temps de récupération insuffisant </li>
<li>une compétition élevée </li>
<li>des exigences démesurées</li></ul>

<strong>Les facteurs environnementaux</strong>

Les facteurs environnementaux englobent tout ce qui est susceptible de rendre la vie difficile aux artistes, notamment :
<ul><li>l’atmosphère de travail </li>
<li>les conditions climatiques</li></ul>

<strong>Les facteurs individuels</strong>

Les facteurs individuels regroupent tout ce qui est personnel à un individu, notamment :
<ul><li>l’âge </li>
<li>le genre </li>
<li>le nombre d’années de pratique </li>
<li>les prédispositions psychiques </li>
<li>les antécédents médicaux ou traumatiques</li></ul>

<h3>Quels sont les principaux TMS qui affectent les artistes?</h3>

Les pratiques artistiques peuvent occasionner toute une gamme de troubles musculosquelettiques. Les plus fréquents sont :

<strong>Les tendinites et les tendinopathies</strong>

Les tendinites sont causées par une inflammation au niveau d’un tendon. Elles résultent le plus souvent d’un effort excessif, d’une blessure ou d’un geste brusque et inhabituel. Si le problème découle plutôt de la dégradation ou de la dégénérescence d’un tendon, sans présence d’inflammation, on parle alors de tendinopathie.
Les artistes les plus susceptibles d’être touchés par une tendinite sont ceux dont la pratique comporte des activités très répétitives. Les danseurs et les artistes du cirque sont particulièrement à risque.
Les tendinopathies les plus fréquentes affectent l’épaule, le coude, le poignet et la main. On les retrouve très souvent chez les musiciens, mais aussi chez les sculpteurs qui utilisent des outils vibrants.

<strong>Les myalgies</strong>

Le terme «myalgie» désigne une douleur musculaire, qui peut être diffuse ou localisée, et dont les causes sont multiples et variées.
Chez les artistes, elles surviennent plus souvent dans la région du cou et des épaules, principalement dans les disciplines qui impliquent des postures statiques, comme l’écriture, la peinture ou la photographie.
Les musiciens, les choristes et les artistes du cirque souffrent aussi fréquemment de douleurs au niveau des trapèzes.

Le syndrome canalaire du membre supérieur

Les syndromes canalaires résultent de la compression d’un nerf dans un passage étroit, ou canal, ce qui entraine une inflammation. Le plus courant est le syndrome du canal carpien, qui survient au niveau du poignet lorsque le canal carpien commence à rétrécir et comprime ainsi le nerf médian. Il peut en résulter une perte de mobilité des doigts, surtout du pouce.
Les musiciens, particulièrement les violonistes et les altistes, constituent un groupe très à risque de développer un syndrome du canal carpien. Les figures de danse qui comportent des mouvements répétitifs du poignet, souvent dans des positions extrêmes, peuvent également occasionner ce type de trouble.

<strong>Les fractures de fatigue</strong>

Une fracture de stress ou de fatigue peut être décrite comme une fine fissure d’un os. Elle est en général liée à une activité physique soutenue, intensive et répétitive, ou alors à un stress inhabituel.

Les danseurs présentent fréquemment ce type de fractures dites «incomplètes» au niveau des os des pieds et des jambes.

<strong>Comment traite-t-on ces patients récalcitrants?</strong>

Dans un monde idéal, la prévention des blessures ferait partie intégrante de la formation des artistes et ces derniers seraient en mesure de reconnaître l’apparition d’un trouble dès les premiers symptômes. Hélas, absorbés dans leur création ou alors soumis aux exigences de la performance, les artistes tardent souvent à consulter. Ce n’est que lorsqu’une affection s’avère vraiment invalidante qu’ils songent enfin à leur santé physique.

Le premier réflexe devant un trouble musculosquettique induit par la pratique artistique est de mettre au repos le membre touché, à l’aide d’orthèse s’il le faut. L’immobilisation prolongée est toutefois déconseillée, car elle affaiblit la musculature et mine souvent le moral de l’artiste. On aura plutôt recours à ce qu’on pourrait appeler un «repos actif» en alternant le port d’attelles de postures amovibles et des exercices de réadaptation de faible intensité.

S’il y a présence d’inflammation, l’application locale de glace ou d’une compresse de gel froide pendant une dizaine de minutes, plusieurs fois par jour, permet de réduire l’inflammation tout en soulageant la douleur. En phase aigue, on pourra également avoir recours aux médicaments anti-inflammatoires.

Tous comme les athlètes, les artistes ont intérêt à consulter des professionnels de la santé spécialisés dans leur discipline, en particulier les danseurs, les instrumentistes et les circassiens. C’est la seule manière d’obtenir un diagnostic précis et de s’orienter rapidement vers un programme de réadaptation qui tient compte des exigences de la pratique artistique. Une règle de base qui est susceptible de prolonger bien des brillantes carrières, sans trop interrompre le rythme.
Sources
http://www.medecine-des-arts.com/TMS-les-troubles.html
http://www.medecine-des-arts.com/Troubles-musculo-squelettiques,1184.html?lang=fr
http://www.salonreeduca.com/site/FR/Actu/Actualites/Article,Interessonsnous_aux_musiciens__Partie_1,I3711,Zoom-3ffafe5b4869ce68bd34a6415749ed30.htm
http://www.phytotherapia.eu/informations_medicales.php?num_info=611

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